_Nos silences sont un rythme, une respiration*. Ils m’aident à affronter les jours et les désastres, la pluie qui glace, le désamour aussi. Ils m’enveloppent de cette substance parfaite et liquide qui me protège de tout. Ils m’isolent tout en me sortant de moi-même, ils me projettent en toi, me font devenir toi, voir par tes yeux, miauler par ta voix, toucher par ta patte. Tu me regardes, c’est doux et sauvage à la fois, c’est fier, c’est un lieu vert en forme d’amande où j’aime plonger, où j’aime attendre. Tout redevient simple quand ça te traverse, plus rien n’a d’importance que ce calme profond dont tu me danses les pas de ton air bienveillant. Les gens me tuent. Tu me laisse te le répéter, mille fois, tant que je veux, tant que j’en ai le souffle. Tu me laisses à mes excès, à mes crachats, ma loghorrée, ma dépendance. Et quand je n’en peux plus, quand tu me vois par terre désolée d’être moi, mes champs de cils inondés d’un désespoir trempé, alors tu sors de l’ombre et me danses délicatement ta quiétude. Tu es celle qui me réconforte, réellement, qui me console puissamment sans parole aucune, par ta seule présence, ta seule élégance, ta seule affection discrète

 

*la première phrase est tirée du livre En l’absence des hommes, de Philippe Besson

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