Il faut se ménager, parfois, une plage d’en-nuit pour peindre les maisons qui dorment

Le froid. Le vent contre les portes et la maison qui tremble. Et la maison c’est moi. J’ai froid de tout ce vide. J’ai froid d’être en hiver et d’être privée d’âtre. Froid des absences de l’hôte qui s’ennuie dans mes murs, qui s’ébat loin de moi. Froid d’être ici toujours à traîner mon attente. Froid d’espérer, froid dans la cheminée silence qui ne crépite jamais de rien, froid sous mes plafonds qui s’effondrent, dans mon lit de poussière de gel et d’araignées. J’ai froid du crépuscule où l’on m’a verrouillée. Et depuis, mes saisons ont figé leur lent défilé. Je ne suis plus qu’hiver, hiver. Ma vie sonne un goût d’abandon. Mes bois craquent en rythmes humides, des cric, des crac, des tics, des tacs, c’est ma façon d’être une pendule, de vieillir, de courir le temps. De m’ennuyer. D’être une maison en salle d’attente.

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