Les parenthèses – juin 2010

Quand j’enfermais dans des bulles de ponctuation les petits bourgeons de sens qui me venaient, couraient, menaçaient de déplacer mon sujet, c’étaient, écloses d’ardeur, des dents lancées contre le fil que j’avais décidé de suivre. D’un éclat vif elles me brûlaient dedans, jaillissaient entre mes idées sous forme d’un dehors du sens. Il fallait les laisser venir, c’était plus fort que moi, mais je n’avais pas le droit de brouiller mes logiques, mes textes d’exposés. Vous savez monsieur, dans ce monde, on me demandait d’être claire. Alors à ces poussées qui me rendaient indéchiffrable, à ces morceaux surgis plus que tombés de moi, je leur traçais un champ dédié. Entre parenthèses, ils étaient. Jamais tout à fait dits, jamais non plus tout à fait tus : juste sous la surface. Je les laissais monter à l’extrême limite de la stagnance et du débordement. Et c’était là ma seule, ma lente façon de respirer.

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