11 juil. 2010

Alors que j’écris ces mots, comme à son habitude depuis des mois, Spinoza revient à l’assaut : « tout ce qui est très précieux est aussi difficile que rare ». Je ne sais pourquoi cette phrase est plantée comme un clou en moi, ni si j’ai l’air pédante en l’énonçant -je me sens surtout honteuse de ne pouvoir articuler sans cri, spontanément, ce qu’elle m’évoque. Il faut savoir que je la récite sur le ton des enfants qui prient. Je suis crédule, désarmante de naïveté avec cette phrase : je la prends au pied de la lettre. Elle me met à genoux, m’allonge, me porte, c’est une phrase comme une amie.

( extrait d’un texte écrit après lecture de La promesse de l’Aube)

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