décembre 2010

Je n’ai jamais vécu une telle permanence neigeuse. Ces semaines de blancheur m’ont décoloré le regard jusqu’au sang. Mes rires s’envoient en l’air, stalactitent puis se brisent sous les assauts du vent. Je suis transparente, virevolte sur les trottoirs où je culbute, aussi, avec mon minois de montagne fragile, en avalanches sur le verglas vengeur. Et je danse moins bien qu’un flocon mais quand je me relève en entrechats légers, je vole déjà, je danse encore, sans corps ; en moi l’hiver ne tombe pas, je tombe en lui, je suis l’hiver, j’ai la vie blanche comme un silence.
Ô, venez, flocons doux, m’emballer de morsures, m’étaler de morts sûres, venez en flaques dures fendiller mes murmures et mangez-moi entière, dévorez-moi les murs !

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