De l’absence

La maison, notre grande aire de vie où s’envolent tes rires au matin, toi qui dès levée sais bondir, poignets et chevilles en grelots.

Il pleut tout petit très dehors mais si loin.

Sur la cheminée, tambourin. Tu le soulèves, pour battre avec la pièce entière en un gros coeur de troubadour. Et en chantant, chantant comme je chantais à ton âge, sans savoir qu’il arrive un jour où même la musique devient une affaire sérieuse.

Alors, à la table du petit-déjeuner, le long d’une grande baie vitrée qui donne sur les champs, je m’assieds dos à la lumière. J’enfonce mon visage dans la salle à manger, vide, où je me vois soudain surgir, mais sous les traits d’une autre chère. Qui danse. En tambourin. C’est toi.

Tu sais je somnole de vieillesse
je m’ensable un peu plus, chaque heure,
malgré tes spectacles d’enfant.
Mais te reconnaître réchauffe,
t’être contemporain m’éclaire.
Je me blottis au fond de nous,
ce temps que l’on partage dans les bras du même été,
et la nuit ne veut plus rien dire.
Le temps ne décolle plus.

Puis comment cela vient nous rompre les continuités,
comment tout fuit, je n’en sais rien,
qu’est-ce que ça veut dire de vivoter dans la maison
où tu n’es plus
et de croire
pourtant
que tu ne la quitteras jamais
tant la texture des temps que l’on a partagés
m’existe.

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