Maison vide

La maison n’est pas belle, sans toi.  La lumière est ébouriffée, mal maquillée, elle a perdu sa chaussure gauche et ses collants sont tout filés. L’oxygène brûle comme de l’acide.

Et je me tiens debout dans ce tableau géant, encombrée de moi-même et de mes sensations.
Ce qui se passe ici ne veut être su que de toi.
Musique de rue, voyages promis, arrachement partiel de la paroi d’un corps, tout cela vient finir en moi comme dans un réservoir de transition. Je ne suis qu’un sentier vers toi. Je gonfle sous la pression des événements de vie qui transitent en pure perte en moi. Ils s’habillent de ma voix – ma voix intérieure. Toutes choses me traversent à l’encre de cette voix. C’est une voix que je peux choisir de forcer et d’entendre en articulant mentalement la sonorité de chaque mot, ou de diluer dans un vrac d’appréhensions informulées. Mais je ne sais pas la changer.

Je ne sais pas changer la voix de mes pensées. Je ne sais pas changer la tapisserie du couloir. Je ne sais pas coiffer la lumière. Je ne sais pas dormir longtemps. La léthargie me prend, me tient deux jours entiers. Deux jours entiers les yeux ouverts sur le plafond. Trois jours. Je me relève entre deux fièvres, je pleure je mange de l’eau je dors. Le temps est long. Usant. La chambre a perdu ses bijoux et je veux ta voix dans ma tête. 

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