15 septembre 2013

Il fait 18°C ; je suis emballée dans ma polaire orange imprimée d’éléphants ; il y a du soleil tous les jours ; hier, un criquet blessé a dormi toute la matinée sur la boîte de mouchoirs, avant que M.-F. essaie de le redresser – il tombait, il tremblait un peu, il jouait l’être-pour-la-mort  ; j’ai vu la mer trois fois, la première à Sausset-les-Pins – elle était en vrac ce jour-là, je n’avais pas mon appareil photo mais mes yeux ont tout bu ; un vent d’ici cogne le toit comme un bélier furieux ; j’ai cassé une assiette ; je cherche des choses positives à dire ; on ne peut pas passer sa vie à fermer les volets ; on n’a pas non plus assez d’heures à soi pour laisser autrui décider de ce qu’on en fera ; ce qui est gênant c’est de ne pas pouvoir retenir ses larmes ; ce qui est joli c’est la lumière qu’on voit juste maintenant dans l’arbre en face de ma fenêtre – comme si l’arbre était allumé ; la tapisserie de la chambre est d’une couleur si triste qu’on a envie de se sauver ; c’est l’histoire de trois petits mois ; le vingt décembre, au revoir la région, au revoir les taches sur les murs, la tapisserie décollée, l’humidité, la moisissure, la poussière et l’odeur de l’encens mêlée à une autre, indéfinissable, qu’elle est chargée de masquer ; mais bon dieu où suis-je donc tombée ? – je vais lire un livre pour me consoler – ce n’est pas la peine de tomber en miettes ; il faut se concentrer sur ce et ceux qu’on aime, se dire « ils vont venir », il faut savoir qu’il y aura des sourires ; il faut apprendre à capter sa fréquence de vie et à se poser dessus pour danser ; il y a des orages en pleine nuit qui font grelotter les volets ; et quelque part, un petit chat qui est le mien ; un jour, j’ai vu le lac Léman ; aucune phrase de ce texte n’a de rapport avec la précédente, leur point commun c’est qu’elles sont des lumières d’ici, de la pensée d’ici, du cri et tout à la fois du pansement ; je lance mes bras dans tous les sens ; je suis une fille de la routine ; il va falloir rendre à l’écriture la place qu’elle a toujours eue, fil blanc dans la nuit grise ; se donner rendez-vous avec un alphabet dans tous les gouffres et sur tous les sommets où l’on est de passage.

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2 réflexions sur “15 septembre 2013

  1. Le « fil blanc » ? chez moi, dans le tiroir à coutures, ou sur la machine à coudre, c’est celui qui sert à « mettre en forme » les pièces éparses découpées sur un « patron »… On « l’effile » avant la couture définitive avec le fil de la bonne couleur… Une sorte de « fil d’Ariane » de l’œuvre à créer… Quand le « parler-écrit » fait émerger la pensée, il y a toujours du « fil blanc » quelque part…

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