et les obsessions

La façon bien particulière dont les obsessions de tous types s’attachent à mes semelles

l’obsession d’être un chat

l’obsession d’un visage puis d’un autre

d’un nom puis d’un autre

(dans l’obsession, les noms chantonnent et se greffent aux rues traversées, aux paysages vus par la vitre, aux sentiers sous les pas ou à des ciels qui le méritent – obsession des images qui ont accompagné ces noms, des villes qui les ont revêtus ; quand un matin, Berlin, fâché, a enfilé ton pull orange et a quitté la pièce, quand c’est Genève qui file entre les doigts, tu vois ?)

l’obsession des portières qui claquent dans les téléfilms bas de gamme

revoir un nombre incalculable de fois son doigt tracer des formes dans la buée du pare-brise et songer « quelle idée banale »

obsession des scènes inventées, rejouées chaque soir en esprit

des bêtes imaginaires que l’on fréquente, enfant

et l’obsession du bleu, couleur pas même aimée

l’obsession de ne pas toucher, l’obsession d’abandon, parfois l’humeur un peu jalouse mais l’obsession de la douceur

des promenades bien connues entre les images et les mots

d’un Paris révolu dans l’actuel Paris

un pays de violence où chaque aspérité, à son tour, lâche sa fumée

des caresses à la nuit, des caresses à la chambre, des caresses à la glace

l’inlassable répétition de quelques articulations mentales aussi nécessaires que le gonflement des poumons

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