L’homme et la pierre

Un vieil homme. Son visage comme de quelqu’un qui a longtemps nagé. Les rides l’une après l’autre s’ouvrent et parlent. Chaque soir plus lourd que le précédent. Les nuits plus oublieuses au fil du temps.

Un caillou jeté au bord du chemin, son vieillissement le rattrapera toujours. Arrive un renard qui le flaire et, de son museau, le bouscule. Ou la pluie. Ou de tomber au fond du lac à la merci des vagues. Cela. D’autres mouvements encore. L’air et l’eau tout ensemble, pour conduire une pierre à sa mort.

Comment le vieillard marche son silence. Ce que sait de lui la montagne – et qu’elle taira – jusqu’après lui. Quand bien même d’autres auront creusé, ils n’auront trouvé que la terre pour faire festin à leur curiosité.

La montagne dit les pâtures, sa neige, la profonde respiration du renard endormi, la roche, surtout, qui la tient fière – la vie non-parcourue encore. Ses flots arrêtés s’échouent sans fatigue depuis des siècles. Il bat si lent, le cœur de la montagne. Il a la ridule prudente.

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