en robe de paysanne

Sally me demandait, en montrant deux lucarnes au loin, « n’y a-t-il rien qui te choque ? ». C’est alors que je me vis vêtue, d’un coup, d’une robe de paysanne sortie de nulle part. La même robe, très exactement, qu’une poupée laide de mon enfance à laquelle je faisais subir toutes sortes de supplices. « Dis-moi, Sally », je lui demande, « t’arrive-t-il parfois, comme à moi, de sursauter parce que d’un instant à l’autre, sans que rien l’eût laissé prévoir, une robe de paysanne t’arrive – et que cela se produise dans un lieu public pendant qu’on te parle –que cela arrive juste ici, maintenant ? et d’en concevoir une telle honte… »
Elle me répond que oui, qu’elle ne comprend pas tout mais que cette histoire prend des proportions d’autant plus effrayantes que nul ne semble s’en formaliser. « C’est comme si personne ne remarquait cela, conclut-elle la gorge nouée, comme si personne ne remarquait que l’on peut à tout instant se retrouver en robe de paysanne quand c’est si soudain, si violent, d’une telle évidence…

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