2.10.2018

Mon manteau couleur de feuille morte, court en serrant les dents. Il file sur les trottoirs luisants pour arriver à l’heure. Un vent joueur l’emporte avant l’aube et le secoue jusqu’à la nuit. Le manteau entre dans les galeries marchandes. Il est perdu dans la lumière crue. Il se fraie un chemin parmi la foule d’autres manteaux qui se fraient également un chemin. Il n’a qu’un seul ami manteau dans la petite ville qu’il habite. C’est donc un manteau libre d’aller et venir, de se perdre ou de disparaître. Il a deux crochets dans la vie : celui du couloir, où il dort, et celui du coin d’un bureau. Aucun ne le retient cependant. Il est là pour l’automne. Il est là le temps de la promenade. Il sera là tant que le vent joueur viendra le chercher à la porte pour le secouer dans les ciels. Il habite un courant d’air frais. Sa vie est une culbute, une roulade, une blague. Il n’a pas besoin de parler. Il est une élégance du vide. Un rouge à lèvres bordeaux sous lequel personne ne vit plus le complète, comme déguisement.

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