La soupe quotidienne

_passait des journées entières sous le signe de la comptabilité, du paiement, de l’objet, de la souscription
_et à se demander comment diable concilier « gagner sa vie » et « vivre »
_tout était dans les tons nauséeux de l’argent
_pendant ce temps, dehors, les jardins reculaient, les arbres perdaient leurs écus, on laissait moisir les chanteurs, les poètes et les cinémas, on quittait le royaume de france en emportant la caisse, ah la jolie terre que voilà, fredonnait-on, ah qu’on en avait plein les yeux de ce bonheur du chiffre et de l’à-soi !