Brève de nuit

A l’heure de l’épuisement, plus rien n’entre et plus rien ne sort. Des rêves viennent frotter leurs museaux à la vitre derrière laquelle on s’effondre, claquée, sur le lit bleu. Je tends mes bras à la pièce vide, qui sourit. Les commissures des tringles se relèvent en creusant un pli. Peu à peu, le plafond se courbe en emportant les murs et en ployant le sol. Ensuite une ancre se détache, un petit personnage muni d’une paire de ciseaux vient couper le ruban qui tenait la chambre à la terre, et les courants l’emportent vers des heures plus claires.