8 mai 2022

tu courais seule dans l’herbe tu
te courbais sur des points de fascination :
le soyeux d’une chevelure
l’épaisseur d’une patte de lion
l’acéré d’un croc
tu tombais de la même falaise imaginaire sans te lasser
personne ne le savait
on te voyait simplement courir seule regarder le sol seule t’accrocher seule au rebord d’un muret et l’on se demandait pourquoi tu n’allais pas jouer avec les autres enfants

*

tes récits quittaient trop la terre ils duraient trop longtemps
pour les adultes qui n’avaient pas envie d’entendre une histoire sans logique
de rencontrer des êtres sans visages
d’intégrer ton espace sans lieu

*

de quelle région brouillardeuse reviens-tu 
quel estompement des couleurs en toi – quelle nuit – quel ciel de lait ?
les rues étaient en passe de disparaître et tu marchais dans leur buée
à chaque pas plus seule
à chaque pas cependant plus proche d’une voix en toi
celle qui parfois doit prendre le relais sans quoi
même en serrant les dents même en crispant les poings
tu vacilles tu
décroches les cadres du mur et tu les
casses à la rambarde.

Photos : novembre 2021

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